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Le colonel Stérol dans tous ses états !

« Vous êtes embêtants, vous les adultes, avec votre colonel Stérol ». Ce mot d’enfant je ne l’ai pas oublié, c’était il y a…, je préfère ne pas compter. Disons que j’étais alors encore jeune, c’était à l’occasion d’une réunion famille, et comme chez nous le cholestérol est familial, nous discutions immanquablement de notre cholestérol. Ce jour-là le cholestérol s’était métamorphosé dans la bouche d’un de mes jeunes cousins, lassé de nos lamentations, en colonel Stérol. Chacun évoquait son régime, ses médicaments, les fluctuations de ses taux, on ergotait sur son bon et son mauvais cholestérol.

Et comme je n’ai pas échappé à la tare familiale, je subissais déjà les rigueurs du colonel Stérol. Je n’ai jamais vraiment suivi le régime qu’il m’imposait. J’ai donc, pendant toutes ces années, consommé, rongé par le remord, œufs, fromages et charcuteries. J’ai cependant pris scrupuleusement les médicaments que la faculté me proposait et qui variaient selon les époques. Bref ce diable de colonel m’a poursuivi toute ma vie, jusqu’au jour, assez récent, où j’ai découvert au hasard d’une navigation sur internet, ces surprenants individus qui ne croient pas à la thèse du cholestérol. Disséminés à travers le monde ces cholestérol-sceptiques ont formé un réseau et le flot de leur argumentaire ne cesse d’enfler sur le web.

Me voilà aujourd’hui comme l’âne de Buridan, plongé dans un abîme de perplexité. Qui croire ?

Les uns, les cholestérol-sceptiques proclament : » le cholestérol n’est pas ce serial killer, responsable des accidents cardiovasculaires ! »

Les autres, les légitimistes, répondent : « comment pouvez-vous remettre en cause un lien solidement établi depuis si longtemps ! »

Plus surprenant encore, on lit aujourd’hui qu’un cholestérol élevé est plutôt gage de longévité et protègerait même du cancer. Le colonel Stérol que je considérais comme mon pire ennemi serait-il devenu mon ange gardien !

Sornettes que tout cela, protestent les légitimistes : « la mortalité cardiovasculaire est corrélée au taux de LDL selon une relation linéaire… »

Et puis je découvre que c’est au sujet des statines, ces puissants inhibiteurs de la synthèse du cholestérol, que la bataille fait rage depuis que le bolide BIG PHARMA, dans les années 90, s’est élancé à pleine vitesse, pour distribuer aux quatre coins de la planète ces fameuses statines.

Au bord du chemin, les cholestérol-sceptiques crient et agitent les bras : « Attention, attention le cholestérol c’est la molécule de la vie, elle tapisse les membranes de nos cellules, elle sert à gainer nos neurones, c’est à partir d’elle que sont fabriquées la plupart de nos hormones ! Les statines augmentent le diabète, les cancers, les AVC hémorragiques !

C’est faux, ripostent les légitimistes : » Les effets secondaires des statines sont soigneusement contrôlés dans les études, et sont très marginaux. Les statines représentent une révolution thérapeutique à la mesure de la vaccination. Ce qui se passe sur les statines est équivalent à la polémique sur les vaccins. Il y aura toujours des partisans de la théorie du complot. Ces gens-là sont dangereux, ils incitent les patients à arrêter leur traitement et sont responsables d’une recrudescence des accidents cardiovasculaires ».

Qui croire donc ? Me voilà contraint à un douloureux choix : d’un côté l’infarctus de l’autre le cancer. Le cancer est moins radical… on a des traitements et comme disait l’humoriste Pierre Desproges « Aujourd’hui, grâce à la chimiothérapie on peut profiter de son cancer ».

Il n’est pas question ici de prendre parti dans ce débat, je n’en ai pas les compétences, mais de poser sur lui le regard du candide. Ainsi le candide peut se demander pourquoi une question de santé publique aussi importante ne peut être tranchée. À ce candide, on a enseigné que la médecine était une science. La vérité serait-elle, dans cette situation, hors de portée de la science ? Il n’y a pas deux théories de la gravitation universelle, pourquoi y aurait-il deux théories du cholestérol ?

C’est la dignité scientifique de la médecine qui en jeu ici. Sans doute est-il urgent que notre médecine la retrouve pour qu’on la prenne au sérieux quand elle s’attaque à l’homéopathie dont les enjeux sanitaires sont infiniment moins graves.

Le philosophe Michel Foucault disait : « La première tâche du médecin est politique : la lutte contre la maladie doit commencer par une guerre contre les mauvais gouvernements. »

Il nous reste à espérer que notre gouvernement ne soit pas un mauvais gouvernement et convoque sans plus tarder un comité d’experts indépendants pour nous dire si mon colonel Stérol est coupable ou non.

Laurent Vercoustre

60 Commentaires

  1. Depuis 1989 on attribue la formation des plaques d’athéromes au stress oxydatif ( The New England Journal of Medicine (1989 ; 320(14) : 915-924)),
    les LDL oxydées sont éliminés par les globules blancs, et se transforment en cellules spumeuses.
    Je m’intéresse beaucoup aux causes et conséquences des déséquilibres redox et je dois dire qu’en France il n’y a pas beaucoup de littérature à ce sujet comparé aux US alors qu’on a bien démontré le rôle majeur de stress oxydatif dans l ‘apparition des maladies « modernes »

  2. Cher cousin bonjour,
    Par mon frère Dominique j’ai eu connaissance de ton blog….A ce cher Stérol!
    Oui, j’étais de ces réunions familiales dont tu parles.
    Je me souviens de notre grand mère découvrant à l’âge de 80 ans qu’elle était atteinte…et le branlebas familiale que cela a procuré.
    J’avais 23 ans lorsque j’ai appris que j’étais concerné. A la question à mon
    médecin de l’époque: que m’arrivera-t-il si je ne prend pas de médicaments?
    La réponse est encore dans mes oreilles: une crise cardiaque à 40 ans!
    …Prenant mes médicaments qu’avec une très grande irrégularité…A 40
    ans moins un mois, j’ai eu une crise cardiaque suivi d’un triple pontage!!
    J’ai eu la chance de m’être très bien remis, et rapidement.
    Je suis aujourd’hui à la retraite depuis 2 ans, et suis rentré dans l’association
    Anhet : Association des patients touchés d’hypercholestérolémie familiale.
    Avant de parler de l’association: les enjeux.
    Sur 67 millions de Français, beaucoup d’études annoncent qu’une personne sur 5, est en sur-consommations de Cholestérol, où, pour une grande majorité, nourriture équilibrée et sport vont résoudre le problème. Mais dans cette population, 300 000 personne sont concernés par l’hypercholestérolémie familiale ( HF ), or aujourd’hui, 1 personne concerné
    sur 10 le sait, et dans le meilleur des cas, se soigne! Et nous parlons de la
    première maladie génétique au monde…parfaitement inconnue sous ce label.

    Notre association existe depuis 5 ans. Elle a 300 adhérents, un bureau dont
    je suis Secrétaire Général, accompagné d’un comité scientifique.

    Notre but, former et informer les personnes concernés, les détecter.
    Former, informer le corps médical ( médecins, cardiologues, pédiatres…).
    Travailler avec toute instance pour avancer sur le sujet, en particulier,
    intervenir auprès du ministère de la santé.
    Nos dernières actions: présence aux congrès des pédiatres, des médecins…
    présences au salons des seniors de Paris, Nantes…
    Pour nous connaître: notre site internet: Anhet.f ou faceboock avec un film
    de présentation et l’actualité de nos actions.
    La tâche est vaste…un vrai combat pour protéger notre génération, nos enfants,, et petits enfants…dans cette période où on entend tout, et son contraire!
    ….voilà la raison de mon intérêt à ton message sur ce blog.
    Je t’embrasse ainsi que ta famille
    Bernard Vercoustre
    bvercoustre@free.fr ( pour les questions de tes lecteurs aussi).

    • Eh ,le cousin,
      Vous êtes donc un des millions de bénéficiaires des statines.
      Merci de votre témoignage qui ne passera pas sur Arte malheureusement
      SDAVID

    • Je me permets de me mêler à vos échanges sur ce point : Avez vous lu lies livres du Dr Michel de Lorgeril, »par ex; « Clolestérol Mensonges et ropagande » ainsi que ces billets tirés de son Blog Info :
      Comment un risque familial (ou génétique) peut être neutralisé par un mode de vie protecteur »
      et
      « La vérité sur les hypercholestérolémies familiales »
      ainsi que
      « Ces articles peuvent également vous intéresser :
      Hyperlipoprotéinémies familiales et risque cardiovasculaire
      J’ai expliqué dans des articles précédents l’importance d’appeler les choses par leur …
      FAUT-IL TRAITER LES HYPERCHOLESTEROLEMIES FAMILIALES AVEC DES MEDICAMENTS ?
      J’ai déjà parlé de cette question dans mes précédents livres à propos des hypercholest …

      L’AVENIR RADIEUX DE LA CHIMIOTHERAPIE ANTICHOLESTEROL !

      C’est à peu près le titre de l’une des prochaines sessions (commanditées par les indus …

      Comment un risque familial (ou génétique) peut être neutralisé par un mode de vie protecteur

      Nous savons depuis longtemps que le risque héréditaire de maladies cardiovas …

      QUE DOIT-ON PENSER DES NOUVEAUX TRAITEMENTS ANTI-CHOLESTEROL ? SOMMES-NOUS DES COBAYES ? »
      à lire pour info et s’en faire une idée pouvant alimenter votre Blog.
      Salutations bienveillante d’un rescapé des statines depuis 6 ans avec maintenant une santé ..presque d’acier « Inoxydable »
      P.S: Je commente avec un pseudo pour des raisons de confidentialité médicale : Les assureurs et autres vautours n’ont pas à connaître mes anciennes pathologies, je garde ce même pseudo sur le site de l’AIMSIB où je commets quelques articles documentés sur un sujet qui me passionne: les fruit anti oxydants. Soyez bienveillants.

  3. Merci pour ce billet. Et merci à tous les contributeurs qui quelques soit leur camp font preuve de mesure… c’est assez rare sur les sujets clivants. Voilà mon humble avis sur la question :
    Partons de l’idée que les statines, ça marche… On reprend les chiffres sur The NNT.com (qui ne fait que présenter de façon plus lisible les chiffres des études existantes), et en considérant que les études sont méthodologiquement indiscutables (ce qui n’est jamais le cas, il y a et aura toujours de facteurs de confusion, la population étudiée n’est jamais superposable à nos patients…), on retrouve une efficacité uniquement en prévention secondaire. On évite un accident cardiaque pour 39 patients traités pendant 5 ans, un AVC évité pour 125 patients traités pendant 5 ans et au final 1 vie sauvée en 5 ans pour 83 patients traités. Déjà, faites l’essai de donner ces chiffres à vos patients, ils font se poser la question de poursuivre (d’ailleurs comment on peut dire + 25% d’infarctus suite au livre d’Even !… Pire que la canicule !!!).
    Mais je me souviens il y a 15-20 ans, quand j’étudiait dans un service de diabéto-nutrition, le chef de service nous disait qu’il n’y avait pas d’effet secondaire, à la limite quelques douleurs musculaires banales (on tolérait des CPK à 10N). A la cantonade on entendait, statins for all, statines dans l’eau du robinet…
    Je reprends les chiffres de TheNNT.com, 1 patients sur 10 a des problèmes musculaires, 1 sur 50 un diabète induit !!! Le lien Alzheimer-statines n’est plus discuté, on discute de savoir si les statines évitent plus de démences vasculaires qu’elles n’induisent de démence par elles-mêmes. Pour un médicament qu’on m’a enseigné comme sans danger ! Ça commence quand le danger alors ?
    De plus les effets secondaires miment un vieillissement prématuré, donc difficile à distinguer du vieillissement physiologique. « Avoir des douleurs à votre âge, c’est normal ! » « le diabète est plus fréquent en vieillissant ! » « c’est Alzheimer, c’est le fléau du siècle, désolé pour votre épouse/époux/parents (rayer la mention inutile) »…
    Heureusement que nos patients sont inobservants, car il n’y a qu’en les interrompant qu’on constate clairement les effets secondaires des statines. Personnellement, la plus petite dose possible (je ne vise pas le 0,7 qui est une cible absurde), uniquement en prévention secondaire, A CONDITION QUE LE PATIENT SUPPORTE, et en complément du reste (activité physique, diététique : non transformée, peu glucidique).

    • Le legitimiste que je suis est presque prêt à accepter ce compromis sauf:
      -Le lien avec Alzheimer n’existe pas
      -certains patients en prévention primaire à risque beneficient des statines (cf le cousin,, les tabagiques hypertendus, les diabétiques avec autres facteurs de risque)
      -Par ailleurs, il semble que les fortes doses soient plus efficaces ce qui n’est pas tout à fait irrationnel, Lower is better et même lowest is better avec les nouvelles classes d’hypocholesterolemiants.
      Enfin, j’ai beaucoup de rhumatismes, une mémoire qui décline un peu, et troubles de la libido heureusement transitoires et pourtant je ne prend pas de statines, ce qui est dommage car cela me ferait une excuse consolante

      et même lowest

      • Décidemment, vous revenez à la charge avec les antiennes des thuriféraires pro Statines, voyez plutôt le billet du Dr Michel de Lorgeril sur son blog info intitulé  » Statines et cholestérol : un vent de panique parmi les meilleurs experts ?  » et les conflits d’intérêts cachés du Dr Borge Nordestaadt – c’est à la fin- et soutenu par un « Professeur Rollin » ( dans ce blog) qui à mon sens a perdu tout esprit critique et manque d’humour (dommage , j’aimais bien l’acteur dans Kamelott …comme les statines) , c’est pourquoi je vais vous répondre sur les points que vous avez soulevé :
        – Billet d’information : »LE CERVEAU ADORE LE CHOLESTEROL. NE L’EN PRIVEZ PAS AVEC DES MEDICAMENTS INUTILES !
        Le cholestérol est une molécule fondamentale du cerveau ! Faut pas qu’il en manque ! »
        et pour compléter le lien suivant : cholesterol-et-cerveau_AltSante386.pdf
        – Lower is better, ah oui ? Billet d’information : »Avoir un cholestérol très bas est de mauvais pronostic… »
        ou encore : »Le « bon » cholestérol HDL : De profundis ! »
        avec un autre article à la clef :
        HDL-C: Is It Time to Stop Calling It the ‘Good’ …
        https://www.medscape.com/viewarticle/899791
        Accumulating data show a U-shaped curve for high-density lipoprotein cholesterol levels and cardiovascular risk. Added to the failure of HDL-raising therapies, is it …
        – Quand à vos rhumatisme et problème de libido , voir :

        A NEAR-PERFECT « SEXUAL CRIME »: STATINS AGAINST CHOLESTEROL
        This is the title of my last book (digital this time)
        Bon après ça, n’oubliez pas de prendre vos statines…

        • Monsieur inoxydable
          Vos arguments sont un peu rouillés
          Vos références scientifiques sont très limitées
          Vous me faites penser à De Lorgerie
          Quels experts paniqués ?
          Les seuls comités d’experts reconnus (recommandations américaines, européennes, HAS francaises,sécu, et même la revue prescrire valident les statines en classe 1A au moins en prévention secondaire. Vous trouverez les centaines de références dans les recos
          Mais vous ne m’avez pas bien lu non plus.Car comme je l’écrivais,les rhumatismes et troubles transitoires de la libido, c’est sans les statines.

  4. Laurent Vercoustre, thanks a lot for the article post.Much thanks again. Fantastic.

  5. Cher Laurent
    Je partage complètement votre billet sur le colonel stérol. À l’époque du big data, de l’omniprécence des protocoles et recos, des études randomisées en double aveugle, de la gradation des niveaux de preuve, des suivis de cohorte etc…, il est surprenant que l’on ne puisse faire surgir une vérité irréfutable sur la dangerosité ou l’inicuité du colonel stérol. Cette carence ne manque pas de soulever le doute et ouvre la porte à des pseudo-scientifiques parfois proches de l’obscurantisme, instruisant à charge contre l’ensemble du corps médical « conventionnel ». Et tout est balayé en bloc, statines, vaccins, antibiotiques, anti-diabétiques, anti-hypertenseurs, anti-cancéreux. On remet au goût du jour homéopathie et phytothérapie avec souvent des liens commerciaux qui font sourire concernant des gens qui fustigent par ailleurs l’industrOr pharmaceutique. Mais comme vous, je pense que laisser le doute s’immiscer est délétère et qu’un grenelle du cholestérol est hautement souhaitable faisant appel à des analystes et scientifiques vierges de tout conflit d’intérêt. C’est le recrutement de tels experts qui risquent d’être compliqué. Personnellement, en délicatesse avec le Colonel, sceptique et indécis, j’associe mesures diététiques, marche rapide ….. et statines en dosage mini. Pas très scientifique comme attitude en fait . Merci de votre intervention modérée et intelligente.

    • Pas de doute
      Ne pas mélanger 2 questions :
      -Toxicité cardiovasculaire du cholestérol Il faudrait refaire Framingam ce qui n’est pas simple..les hypercholesterolemies familiales ont plus de complications CV et encore plus si elles sont homozygotes
      -QUestions de l’efficacité des statines, la classe de médicaments la mieux étudiée de l’histoire de la médecine qui a conduit toutes les sociétés savantes â la recommander au niveau 1A, au moins en prévention secondaire ,si bien qu’aujourd’hui, refaire une étude ne serait pas éthique

  6. Buzz du Pr EVIN , baisse de consommation des statines = 2016 = + 25%
    d’IDM…! ( peut-être la météo..? ) Continuez vos délires..!

    • Intéressant d’autant que vous êtes le seul parmi toutes les réactions que j’ai eues pour l’instant à défendre les statines! Merci de préciser l’étude à laquelle vous vous référez qui fat état d’une augmentation de 25 % des IDM.

    • C’est ça une démonstration scientifique?
      Allez me chercher un enfant de 5 ans!

  7. Bonjour cher Laurent.
    Et qu’en est-il de vous-même et vos proches concernant le cholestérol ? Y-a-t’il eut des dégats cardiovasculaires, des poses de stents en urgence ou au contraire grâce aux statines survie générale? Concernant l’étude de Lyon, l’investigateur principal était Serge Renaud. Michel de Lorgeril son jeune assistant. Je suis depuis 20 ans nutritionniste. J’ai exercé auparavant 15 ans comme urgentiste. Cette étude m’avait parlé car à l’époque, car je ne voyais pas vraiment de corrélation entre hypercholestérolémie et problème cardio. N’en déplaise à S David,après lecture attentive de Serge Renaud, de Michel de Lorgeril , Burkel,etc… les études épidémiologiques sont fournies, répertoriées, bibliographiées. Mon excercice médical a bien été influencé et les patients qui le demandent sont traités hors statine et merci, ils vont très bien.
    Ma mère, mon frère et moi-même en font partie. Nous avons nous-mêmes eu affaire à Colonel Stérol. Difficile de l’éviter surtout en milieu hospitalier. C’est pourtant chose faite et depuis longtemps. Nous sommes toujours en vie, ma mère a 92 ans et projette un voyage au Maroc.
    Bon week-end.

  8. Très intéressant billet qui devait être l’occasion aux sceptiques et aux légitimistes de s’exprimer. Pour l’instant, nous ne lisons que des propos très constructifs. Et ce n’est pas en faveur de l’utilisation sans réflexion des statines. Il y a un réel malaise. Merci Laurent pour l’avoir si judicieusement mis en évidence.

      • Mr Vercoustre,
        Les legitimistes sont fatigués de répéter toujours les mêmes arguments
        Relisez les recos américaines,.européennes, de la HAS, les critères qualifiés de la sécu.
        Même la revue prescrire ne remet pas en cause les statines, au moins en prévention secondaire, c’est dire

        • Merci pour votre réaction, d’autant que les légitimistes sont bien peu à se manifester, peut-être sont-ils encore en vacances.
          Quelques points m’interrogent :
          – pourquoi les statines n’ont pas reçu l’AMM dans l’indication de la prévention secondaire ?
          – Pourquoi ces médicaments considérés comme très efficaces dans la prévention secondaire ne sont pas prescrits en prévention primaire. Un médicament qui est efficace ne prévention secondaire l’est nécessairement en prévention primaire.
          Je n’ai pas trouvé en réponse aux critiques des cholestérol-septiques souvent bien documenté (voire ce sitehttps://www.cholesterol-statine.fr/), une argumentation répondant point par point à leurs critiques.
          On me renvoie constamment à un seul article du Lancet de 2016 : »Interprétation des données probantes supportant l’efficacité et la sécurité d’emploi des traitements par les statines ».

  9. Bonjour
    Excellent débat dont il est regrettable de ne pas pouvoir amplifier la lecture a travers les mass medias.
    La sérénité des intervenants favorise les échanges de qualite

    • Mr Vercoustre
      Pas d’AMM pour les statines en prévention secondaire ou primaire ???
      Faites comme pour la gynécologie ou pour les autres spécialités, lisez les recos américaines,européennes, HAS, sécu, et même la revue prescrire, où aussi le Vidal

      • J’ai bien dit :L’atorvastatine ( Tahor) et la rosuvastatine ( crestor) ne possèdent pas d’indication validée (AMM)
        en prévention secondaire.Voir sur le site ameli https://www.ameli.fr/sites/default/files/Documents/346348/document/memos_cout_hypocholesterolemiants_mayotte_bd_2017.pdf
        Le nombre et l’autorité ne suffisent pas pour fonder la vérité. Une vérité scientifique se suffit à elle-même.
        Voir mon précédent article sur le QDM.
        https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/12/21/tribune-pr-even-vilain-canard-de-la-profession-ou-digne-heritier-de-galilee-_843210
        Il y a une certaine analogie entre la polémique des antimercurialites et des promercurialitess et celle des statines. La polémique a duré 450 ans, on en parlait encore un peu avant la Deuxième Guerre mondiale ! On ne saura jamais l’efficacité réelle du traitement mercuriel, l’étude randomisée en double aveugle n’existait pas! C’était un traitement très cruel ,les dents se déchaussaient.. Les antimercurialites étaient très minoritaires, parmi eux, il y avait Broussais, on ne les écoutait pas beaucoup, le mercure était un dogme. Dogme soutenue par une littérature énorme, littérature qui n’apportait jamais d’argument nouveau, on se contentait de répéter toujours les mêmes choses. Nihil novo sub sole!
        Je reste ouvert à votre argumentation, le doute est mon principe car comme disait le philosophe Alain : « Le doute est le sel de l’esprit. Sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries (…). Croire est agréable. C’est une ivresse dont il faut se priver. Ou alors dites adieu à liberté, à justice, à paix « 

  10. Bonjour docteur Vercoustre,excellent article et dans lequel vous avez noté que la médecine est une science. Pour ma part je la considère comme un art. Cela induit donc des interprétations différentes devant une situation donnée. Il nous faut donc apporter des soins consciencieux et dévoués et non pas suivre des modes . »science sans conscience n’ est que ruine de l’ame « . Merci pour vos textes

    • Bonjour,

      En 1966, après ce qui était à l’époque CPEM (suivi en fac de sciences), j’ai entamé des études de médecine. Dans son 1er (et unique : il déléguait allègrement tous ses cours à ses internes et chefs de clinique) cours, le titulaire de la chaire de sémiologie médicale nous a défini la médecine comme étant une science, un art, un amour et une dialectique. Ces paroles furent brèves, 15 min peut-être 30 min, mais m’ont profondément marqué. Quoique n’ayant jamais pratiqué (j’ai fait une carrière de chercheur à l’INSERM dans différents laboratoires), j’ai longuement réfléchi à ces paroles. Maintenant au soir de ma vie, après avoir vu mourir des proches (parents, grands-parents, certains amis, etc), avoir veillé, anxieux, mes enfants malades, parfois délirants de fièvre, avoir vu ma femme gravement malade, pronostic vital en jeu, ma réflexion sur la médecine a pris de l’épaisseur, celle de l’expérience vécue dans mes tripes.

      Pour reprendre les 4 mots ci-dessus, le plus important est pour moi amour. Si on ne s’occupe pas de ses patients d’abord par amour pour eux, avec empathie, avec un profond respect de leur dignité d’être humain, en agissant d’abord avec le coeur, quoiqu’on puisse penser d’eux en son for intérieur, il faut IMMÉDIATEMENT changer de métier : vous ne causerez que des catastrophes.
      En second, je mettrai l’art. Pour agir humainement mais néanmoins efficacement, sans n’être qu’un technicien acharné, il est nécessaire de tenir compte de nombreuses contraintes, souvent contradictoires, et bien connaître son patient est la boussole du « vrai » médecin.
      Ensuite, la médecine N’EST PAS une science. Elle repose sur DES sciences, biochimie, physiologie, pharmacologie, etc et des techniques de diagnostic de plus en plus pointues (imagerie de toutes sortes en particulier : quand j’ai soutenu ma thèse, le scanner n’existait pas (ordinateurs pas assez puissants) ; la RMN (devenue IRM en médecine pour ne pas utiliser le mot « nucléaire » qui fait peur) était une technique d’analyse chimique qui ne fonctionnait qu’en phase rigoureusement homogène et encore avec des appareils d’un maniement plus que délicat (des heures de réglage pour un temps efficace très court) ; l’échographie n’existait pas non plus et, sur les 1res images que j’ai vues en 1978, on pouvait légitimement se demander si le spécialiste avait réellement vu quelque chose ou s’il avait simplement tiré ses conclusions de son imagination fertile. Dans un autre domaine, César Milstein n’avait pas encore publié son retentissant article sur la production d’anticorps monoclonaux, etc) soutenues par un développement fabuleux de l’informatique. Donc, la médecine N’EST PAS une science. Je dirais que c’est simplement une somme de compétences, techniques ET humaines, quasiment un bric-à-brac, destinées à soulager et si possible traiter, avec un seul but, le bénéfice du patient, et dont chaque médecin individuel ne maîtrise vraiment qu’une petite partie. D’ailleurs, comment faire autrement étant donné l’immensité du domaine ?
      Enfin, en ce qui concerne la dialectique, malgré plusieurs dizaines d’années de questionnement, je n’ai toujours pas compris ce que ce vieux prof plein d’expérience et d’humanité avait voulu dire.

      En ce qui concerne le cholestérol, je recommande très chaudement la lecture de « La brioche tue plus que le cholestérol » du Prof Édouard Pélissier. Cet ouvrage reprend tous les arguments bibliographiques (il a eu l’aide d’un vrai pro pour ça et, foi de chercheur, ce travail est vraiment remarquable) et exprime les choses avec beaucoup de retenue, sans pathos, sans la véhémence parfois exaspérée du Prof Even ou du Dr de Lorgeril, mais le fond de l’argumentation, basée sur une rigueur scientifique sans faille, est bien le même.

      Pour terminer, je suis originaire du Havre et, à travers le Dr Laurent Vercoustre, je salue ma ville natale à laquelle je suis resté très attaché quoique je n’y sois plus allé depuis bien longtemps.

      Salutations très amicales.

      • La médecine un art (aussi) , oui mais je dirais un art au sens de celui de l’artisan, pas de l’artiste.

  11. médecin libéral avec une formation nutritionniste, médecin du travail puis généraliste en SSR, je pense qu’il n’y a plus depuis quelques années, une médecine de SP, une médecine curative, une médecine du travail mais une médecine environnementale et c’est ce tournant qu’il faut appréhender .Il faut qu’on communique les uns avec les autres , qu’on soit pratico pratiques et surtout qu’on ne céde pas au clientélisme par craintes multiples et variées. Travailler ensemble pour la médecine de demain qui est à ré inventer

    • Votre réaction me fait du bien. Travailler  » pour une médecine environnementale, c’est ce tournant qu’il faut appréhender » Merci, c’est en effet là « la médecine de demain » !

  12. Bonjour, »Toutes les représentation de la santé qui courent depuis près d’un siècle ont dépossédé le patient de l’idée que sa santé dépendait avant tout de lui-même. » Voilà une parole des plus sensée qu’il faut à tout prix partager. C’est un principe que je m’applique à moi-même depuis quelques années et qui m’a rendu la santé que les médecins généralistes m’avaient fait perdre de vue,trop occupés qu’ils sont a mettre en pratique les nombreuses années de formatage (pardon, d’études) subies. Je préfère payer une mutuelle et une cotisation de sécurité sociale pour rien.

    • Merci pour votre réaction … Je rebondis sur votre dernière phrase : »Je préfère payer une mutuelle et une cotisation de sécurité sociale pour rien. »En réalité vous payez pour les autres, ceux qui ne prennent pas soin de leur santé, et ceci pose un réel problème car le système notre sytème actuel de type assurentiel repose sur le principe que les risques sont les mêmes pour tous, or aujourd’hui si l’on admet que l’essentiel de nos maladies sont comportementales, et dépendent de notre mode de vie, cela remet en cause le principe de l’assurance sociale.. Vaste question…

      • Pour ne pas payer pour les irresponsables, mon épouse (66 ans) et moi (70 ans) n’avons pas de mutuelle générale mais seulement une mutuelle pour le risque hospitalisation et ont fait des économies depuis 6 ans.

      • Un peu, beaucoup, de naïveté de ma part et d’utopie dans ce débat très riche. Si les assurances n’avaient plus le droit de collecter de données santé (hormis les comportements très à risque avec drogues, tabac, et abus répétés d’alcool) pour les prêts immobiliers et divers, mais seulement un devoir d’information, je pense qu’une bonne partie de la recherche médicale pourrait être refinancée et redirigée vers de l’efficace, pas vers du très commercial. Pour en rester aux statines, les médecins conseils se rendraient mieux compte que l’étude 4S, qui a lancé ces médicaments, n’a jamais été vraiment renouvelée, et que depuis les très nombreux effets secondaires, non ou peu connus à l’époque (effet diabétogène par ex), se sont démultipliés. Le pragmatisme financier pourrait jouer en faveur d’un pragmatisme médical, avec des informations plus claires sur les influences du mode de vie. Cela pourrait générer des effets pervers, par exemple demander à leurs clients de déménager loin des grands axes routiers pour ne pas que leurs enfants aient un risque accru de DT1 (si si je vous assure, c’est trouvable dans la littérature médicale), mais globalement il y aurait des convergences d’intérêt santé individuelles / santé publique / santé financière.

  13. D’un gynécologue – obstétricien, on eût pu attendre qu’il fît la distinction entre septique et sceptique…et entre les différents niveaux d’évidence scientifique dans les articles de recherche publiés dans la littérature sérieuse… un interniste à la retraite

    • Merci cher confrère d’avoir corrigé, j’ai une orthographe épouvantable.
      Quant au niveau de preuves ou evidence comme disent les anglais, la plupart des études sur les satines se recommandent d’un niveau de preuves maximum ( randomisation etc…) or quand elles passent au crible des cholestérol sceptique ( avec un c !) il n’en reste souvent plus rien ,prenez l’étude WOSCOP l’une des premières, qui fait état de 30% de perdus de vue sans qu’aucune explication soit donnée, cette étude réalisée dans la période préviox est donc extrêmement suspecte. Elle avait montré une augmentation des cancers de la prostate chez les hommes ( elle n’avait d’ailleurs inclus que des hommes)… Prenez l’étude Jupiter qui a été présentée comme remarquablement efficace. En réalité la mortalité ( seul critère robuste pour juger de l’efficacité a été englobée dans la morbidité, quand on isole la mortalité, il n’y a plus de différence avec le groupe témoins.

      • Pour avoir une idée de la validité de la « théorie du cholestérol » et de l’efficacité revendiquée des statines on peut faire le parallèle avec la tuberculose Les antibiotiques ont bien prouvé leur efficacité en faisant disparaitre les sanatoriums et les médecins qui y travaillaient…quand je regarde l’activité débordante des services de coronarographie et l’absence de chômage parmi les cardiologues on peut réellement se demander à quoi cela sert-il de gaver 7 millions de français avec les statines…

      • reprenez les études à partir de google. Ensuite prenez une calculette pour faire un chi 2, ça s’apprend en première année de médecine. aucune étude ne prouve une diminution de la mortalité chez les malades traités par statine. A l »exception de jupiter où il y a plus de morts dans le groupe traité, je dis bien dans le groupe traité. J’étais chef d’un service médecine interne à l’APHP, j’ai beaucoup travaillé avec les labos, jusqu’à avoir un quart temps chez Servier, je connais quelques ficelles. Les statines ne servent à rien, jamais personne n’a pu prouver que ces molécules diminuaient la mordi-mortalité.

    • Jean Cabane,
      Vous êtes un interniste réputé même à la retraite (mes respects au passage ! ) mais la « littérature sérieuse » ne tient plus trop la route.

      Puis-je vous suggèrer de jeter un oeil à ce site qui analyse les différences entre :
      – les protocoles d’études enregistrés à l’avance
      – les études publiées,
      – par la crême de la crême des journaux (NEJM, JAMA, The Lancet, Annals of Internal Medicine, BMJ) bien que on puisse ergoter sur le choix, et constate une proportion éhontée d’études comportant des changements , des abandons ou des ajouts de critères de jugement. En clair le grand péché de la science médicale qui consiste à choisir a posteriori les critères qui apparaissent significatifs pour soutenir l’hypothèse chérie. Bref, de la fraude.
      http://compare-trials.org/

      Si vous le demandez je vous retrouverai la référence dans laquelle Marcia Angell , ancienne « Editor » du NEJM explique pourquoi on ne peut plus croire ce qui se publie.

      Une recherche avec les noms de Tom Jefferson (Cochrane) ou John Ioannidis (Stanford) , ou Vinay Prasad, ou Peter Gøtzsche (Nordic Cochrane) pourrait vous faire douter encore plus du sérieux des journaux « peer reviewed ».

      Enfin vous trouverez dans un livre car il faut au moins un livre pour celà, une décortication des « mères de touts les études » sur les hypocholestérolémiants en prévention secondaire, parues avant le scandale du Celebrex [vous savez, la publication des bénéfices digestifs à 6 mois (JAMA) alors que les auteurs connaissaient l’échec à un an: voir http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A33378-2001Aug4.html
      L’article n’a pas été rétracté et les « editors » n’ont pas sévi. Etat d’esprit révélateur, mais de quoi ?]
      Ce livre c’est (le titre est nul) « Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent etc. » https://www.decitre.fr/livres/dites-a-votre-medecin-que-le-cholesterol-est-innocent-il-vous-soignera-sans-medicament-9782916878058.html
      L’auteur y montre les failles (euphémismes) dans les études , pas si sérieuses, sur lesquelles reposent la certitude que les hypocholestérolémiants sont efficaces. Il se lit comme un roman. Il faut prendre des notes , idéalement.

      • Ouh-la !
        Massacre orthographique, syntaxique et ponctuation à revoir.
        Je reprends mes fautes principales:

        L’auteur y montre les failles (euphémisme) dans les études , pas si sérieuses, sur lesquelles repose la certitude que les hypocholestérolémiants sont efficaces.

      • Merci Mr Barahj, vous me faites bien plaisir.

        Je ne vais pas me lancer dans un argumentaire sans fin (vous faites cela bien mieux que moi!), je note que Mr David nous parle de l’étude de Lyon mais je me demande franchement si l’on parle de la même étude?
        Ayant lu les livres de Michel de Lorgeril et l’ayant maintes fois écouté parler, je n’ai jamais trouvé un expert pour contrer ses arguments… Lors d’un débat, son argumentaire est probant, on ne peut pas se tromper.
        Il faut lire son livre, tout y est parfaitement référencé.

  14. J’aime tellement qu’un instant je me suis dit qu’il fallait partager ( origine inclue ) via des réseaux sociaux, mais… Serait-ce bien compris et disséqué par tous les lecteurs ?
    Il reste que cette réflexion est à répandre, à préciser, à commenter au grand public… Effets secondaires des Statines à l’appui (oui, ces antiradicaux libres dont il faudrait mettre quelques gouttes dans chaque biberon dès la naissance) dont la rabdomiolyse non exceptionnelle cloue au fauteuil des patients souvent trop âgés pour y avoir ‘droit’ au leiu de les aider à un salutaire exercice quotidien…

  15. Bonjour,
    Nos gouvernements récents ont convoqués deux comités d’experts indépendants pour trancher sur deux questions importantes : Faut-il continuer à recommander des mammographies systématiques à toutes les femmes et faut-il rendre les vaccins obligatoires.

    Dans les deux cas, la réponse n’était pas celle attendue et a déplu. Ces réponses ont donc été ignorées ou modifiées par les organisateurs.

    D’une façon générale, les conférences de consensus, si précieuse, sont abandonnées, car les « experts » n’en supportent pas le résultat.

    Le principal problème est la perversion de la réflexion scientifique lorsque des intérêts financiers colossaux sont en jeu.

    • L’argument des intérêts financiers colossaux des laboratoires est le principal argument retenu par la plupart comme la cause de la dissémination planétaire de molécules suspectes.Il faut aller plus loin dans l’analyse et ne pas en rester au sens commun. C’est la disposition épistémologique de notre médecine qui fait fonctionner la thèse du cholestérol. D’une médecine qui reste focalisée sur le corps ( voire mon billet Dr Carof : une nouvelle vision de la médecin). Cette médecine donne au médecin tous les pouvoirs, la thèse du cholestérol fait fonctionner ce pouvoir, c’est le médecin qui surveille les taux, c’est le médecin qui prescrit les médicaments qui règle le taux de cholestérol. La thèse du cholestérol permet au médecin de garder son pouvoir. L’industrie se contente d’aller dans la direction qu’indique la médecine, elle va là où est l’argent ,si demain la médecine dit qu’il faut manger bio elle se reconvertira dans la culture bio et gagnera autant d’argent. Il y a d’ailleurs un article récent du Monde qui témoigne d’un grand bouleversement dans l’agro alimentaire sous la pression des consommateurs. Le régime méditerranéen préconisé par Lorgeril a un niveau de preuve supérieur à bien des études sur les statines. Mais un régime replace le malade dans une situation où il est responsable de santé et dépossède le médecin de son pouvoir. La théorie du cholestérol perdurera tant que le patient ne sera pas sorti de « son état de minorité » ( formule kantienne ). Toutes les représentation de la santé qui courent depuis près d’un siècle ( santé comme droit, santé comme norme, santé comme idéal, santé comme bien économique, voire mon bouquin..) ont dépossédé le patient de l’idée que que sa santé dépendait avant tout de lui-même.

      • Tout à fait d’accord avec votre analyse sur la psychologie et le pouvoir du médecin et de la médecine. Néanmoins, dans certains domaines, je persiste à affirmer que les intérêts financiers pervertissent la réflexion. Un très bel exemple avec les hormones de la ménopause : ce rapport
        illustre les deux versants http://www.atoute.org/au_benefice_du_doute.pdf

      • Attention Mr Vercoustre, vous commencez à parler comme un expert en cholestérol
        Revoyez l’étude de Lyon du Pr De Lorgeril ; Elle est nulle d’un point de vue méthodologique , infiniment inférieure aux grandes études financées par les horribles laboratoires et ses résultats sont faux (diminution de 50% de la mortalité à 6 mois de régime méditerranéen) jamais retrouvé depuis. Pour quelqu’un qui donne des leçons de méthodologie…

        • Dr Vercoustre, je ne partage pas tout à fait votre avis… Certes, S. David est poli, c’est bien, mais l’argumentaire est un brin… léger…
          Quels sont les résultats des études qui ont re-étudié le suivi d’un régime méditerranéen sur plusieurs mois, depuis l’étude de Lyon ?
          Et quels étaient les problèmes méthodologiques inhérents à cette étude de Lyon ?
          Que signifie des résultats qui seraient « faux », dans une étude ?
          On aimerait plus de développements, si c’est chose possible ? Enrichir le débat un peu plus encore ?

        • S David,
          Votre discours n’est pas très analytique.

          Pouvez-vous développer ?
          Inférieure aux grandes études des labos ? Labos qui ont testé quoi ?
          L’étude dite de Lyon est d’une rare intelligence à la conception (témoignant d’une bonne compréhension de la nutrition et de l’histoire).
          Il n’y a pas de parallélisme entre le taux de chosléstérol et la plus longue survie. Au passage…
          Il n’est pas testé de médicament donc en quoi la comparer aux « grandes études des labos infiniment meilleures » ?
          Elle a survécu aux efforts des gros pardessus de l’INSERM pour la faire interrompre prématurément mais les auteurs avaient compensé cela.
          Elle n’a hélas pas fait l’objet que je sache d’une tentative de reproduction.

          Encore faut-il comprendre ce qu’est un régime méditerranéen enrichi en acide alpha-linolénique.

          Ce que n’ont pas compris les barcelonais à l’origine de l’étude Prédimed qui a fait grand bruit , fut rétractée et republiée plus propre tout récemment, et n’a pas de résultats fantastiques bien que légèrement favorables et c’est de la prévention primaire pas secondaire, donc il faut plus de monde pour démontrer un effet.

          Quant à l’hôte de ce blog il n’a pas à s’inquiéter de choisir entre cancer et infarctus. Lire la suite de l’étude de Lyon dans « Circulation » et l’édito y-afférent.

          • MrBarajh
            La méthodologie de l’étude de Lyon était nulle car le nombre de patients inclus était ridiculement bas par rapport à l’objectif recherché dans une étude de nutrition, la période de surveillance était bien trop courte (6 mois) et le résultat est faux(réduction de 50% de la mortalité
            Depuis cette étude qui est très ancienne, aucune autre n’a montré de résultat comparable. La reproductibilité des résultats étant un des critères de la vérité scientifique

          • S DAVid,

            Merci d’avoir répondu.

            Vous dites elle est TROP COURTE (6 mois).

            27 mois de suivi (Lancet) et 3,8 ans en moyenne par patient pour le rapport final (Circulation). Voir ci-dessous.

            Pas si court donc.

            L’étude de Lyon a été interrompue sous la pression des gros pardessus de l’INSERM si je me souviens bien et de Lorgeril explique cela dans l’un de ses livres il me semble (Le nouveau régime méditerranéen ? ) Mais ayant vu venir le coup ils ont trouvé le moyen de poursuivre le suivi et de le publier dans Circulation.

            UN résumé des 2 publications, Lancet 1994 et Circulation 1999:
            https://fr.slideshare.net/pronutritionist/lyon-heart-study
            Sinon , Circulation:
            L’article : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9989956

            Un éditorial associé (Leaf) :
            https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9989956
            Plus élogieux c’est difficile (sur l’idée, la conception, la méthodologie). Dans THE Journal des cardiologues.

            Vous dites que l’ETUDE EST NULLE c’est une opinion à développer, ce n’est pas l’avis de Circulation, Lancet (pas une preuve j’admets ) et de l’éditorialiste de Circulation (pas une preuve non plus).
            Je n’ai pas trouvé d’analyse qui démonte cette étude.
            Vous oui ?

            On peut lui reprocher un risque: elle est effectivement un peu petite notamment par le nombre d’évènements.
            Le risque des études de ce format est que la taille de l’effet et là elle est très remarquable) en général n’est pas retrouvée lors de reproduction avec un plus grand effectif.
            Voir JAMA. 2012 Oct 24;308(16):1676-84. doi: 10.1001/jama.2012.13444.
            Empirical evaluation of very large treatment effects of medical interventions.
            Pereira TV1, Horwitz RI, Ioannidis JP.

            Mais rien n’est encore venu la contredire.

            Vous dites “le RESULTAT EST FAUX”.
            Voyons:

            LES CHIFFRES

            Si l’on prend l’article du Lancet 1994.
            https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7911176
            Résultats Tableau 7: vous ne pouvez que constater des chiffres très impressionnants.

            MORTALITE toutes causes
            TRAITés (Med Diet) TEMOIN
            2,6% 6,6%
            Odds RAtio 0,385
            DIminution du risque relatif 60% . SOIXANTE % !!
            Intervalle de confiance à 95% : 10-82%
            Diminution du risque absolu : 4%. De 4,6. à 2,6%
            Intervalle de confiance à 95% : 0,6 – 7,6
            Number needed to treat (NNT) : 26 !!!!
            Intervalle de confiance à 95% : 13-175
            Ce qui est significatif à ‘intervalle de confiance de 95%

            Si vous connaissez une étude sur les statines (honnète) donnant cet ordre de grandeur de résultat, je suis preneur.

            MORTALITE CARDIOVASCULAIRE
            TRAITés (Med Diet) TEMOIN
            1% 5,3%
            Odds RAtio .18
            Diminution du risque relatif: 81% . QUATRE VINGT UN %
            Intervalle de confiance à 95% : 36-94%
            Diminution du risque absolu : 4,3%.
            Intervalle de confiance à 95% : 1,5 – 7,5
            Number needed to treat (NNT) : 24.
            Intervalle de confiance à 95% : 13-65%
            Ce qui est significatif à ‘intervalle de confiance de 95% et 99%

            RECIDIVE INFARCTUS MYOCARDE
            TRAITés (Med Diet) TEMOIN
            1,7% 5,6%
            Odds RAtio .283
            DIminution du risque relatif 70,5% . SOIXANTE DIX % et epsilon
            Intervalle de confiance à 95% : 21-89%
            Diminution du risque absolu : 4%.
            Intervalle de confiance à 95% : 0,1-0,8%
            Number needed to treat (NNT) : 26%.
            Intervalle de confiance à 95% : 14-105%
            Ce qui est significatif à ‘intervalle de confiance de 95%

            Pas mal non ?

            QU’EST-CE alors, qui EST FAUX ?

            Les statines en prévention secondaire (ère d’avant une mise en place d’un embryon de contrôle de l’honnêteté, encore peu efficace) donnent-elles cet ordre de grandeur de bénéfice dans des études “propres” (honnêtes) ? Non.

            Enfin vous dites:
            “ELLE N’A JAMAIS ETE REPRODUITE”.

            Je rappelle que c’est un régime bien particulier (facile à suivre d’ailleurs) supplément en huile et/ou margarine au colza et de la prevention secondaire.

            Certes mais il y a 2 façons de ne pas reproduire une étude:

            – On fait la même et on ne trouve pas le même résultat: embêtant. MAIS CE N’EST PAS LE CAS.

            – Personne n’essaie de la reproduire: C’EST LE CAS et donc vous ne pouvez arguer de l’absence de contradiction pour dire qu’elle n’est pas reproductible.

            Pourquoi n’est elle pas reproduite (pas de tentative ) ?
            On peut le regretter mais qui va payer une telle étude ?
            La mode et la facilité est plus aux médicaments qui eux trouvent évidemment sponsors à foison , par définition.
            Hypothèse, bien sûr.

          • Mr Barajh
            Merci pour la qualité de votre réponse
            1°OK la méthodolgie de Lyon Study n’est pas nulle, mais :
            2° Reconnaissez que le nombre de patients pour une étude de nutrition est faible .
            3° Le résultat est tellement extra ordinaire qu’il doit au minimum être suspecté
            4° Ce d’autant,que comme le signale votre article, aucune autre étude n’a depuis retrouvé des resultats comparables loin s’en faut ; La bulle des omega 3 après un certain nombre d’études paraissant convainquantes dans de bonnes revues a fini par se dégonfler après une formidable exploitation commerciale des professionnels de l’alimentation.
            5° Enfin avez vous lu l’énorme étude internationale observationnelle récente qui nous a tous surpris en montrant le bénéfice de la consommation des graisses animales sur la santé en général et CV en particulier
            S DAVID

          • Étude PURE du Pr Salim Yussuf sur 150 000 patients

        • @ David S
          les réponses qui vous sont faites sont très intéressantes. Sauf erreur, je n’y ai pas vu l’argument suivant : l’étude de Lyon portait sur de la prévention secondaire. De nos jours, la grande majorité des patients en prévention secondaire sont farcis d’anticholestérols, statines en tête. Qui influent sur le métabolisme des acides gras. Dans ces conditions, il est devenu très difficile d’estimer, pour cette classe de patients précis, l’effet réel d’une baisse de consommation des omégas 6, et d’un rééquilibrage des omégas 3. L’info est largement passée depuis, et il y a beaucoup moins de gens qu’avant ultra déficitaires en omégas 3. Mais il y en a toujours beaucoup avec de fortes doses d’omégas 6 dans l’alimentation quotidienne. Et de statines, c’est incroyable de voir dans un service hospitalier le nombre de personnes concernées. Une étude telle que celle de Lyon devrait aujourd’hui par ex. séparer plusieurs groupes, ceux traités par statines, les autres, avec un groupe témoin de chaque. Qui financera ça ? De ce point de vue là aussi, ces médicaments censés être incontournables sont devenus un piège terrible. Sans parler des généralistes qui disent clairement voir les dégâts sur leurs patients, mais ne pas pouvoir déprescrire par peur des réactions des spécialistes du coin ou des autorités de tutelle.

      • je ne suis pas médecin, ni soignante, juste femme et mère de malade….et je ne peux m’empêcher de bondir en lisant que la santé du patient « dépend avant tout de lui-même » et qu’il doit « prendre soin de sa santé » .Si je vous comprends bien, on se garde en bonne santé en adoptant les bonnes conduites, et on tombe malade en faisant ce qu’il ne faut pas?
        Dites-moi donc de quel manquement serait coupable ma fille autiste? qu’a-t-elle donc pu faire de mal pour naître autiste? et qu’a bien pu faire mon mari, grand sportif régulier et assidu, ni fumeur ni buveur, ne mangeant ni « trop gras, ni trop salé , ni trop sucré » pour déclarer Charcot à 44 ans? nous avons beau chercher, nous n’avons pas encore trouvé la réponse.
        Dites-moi aussi comment être acteur de votre santé quand vous êtes confronté quotidiennement à des praticiens qui du haut de leur arrogance (« j’ai fait fait 10 ans d’études , moi madame ») et de leur mépris, vous reprochent en permanence votre  » pro-activité » ( terme très à la mode) comme une insulte ?
        Dites-moi comment être responsable de votre santé quand on ne communique pas avec vous (« vous êtes malade, mais je ne peux discuter avec vous de votre état, je n’ai pas le temps de vous expliquer et de toute façon vous êtes trop demeuré pour comprendre ») ? Dites-moi comment décider en toute conscience (et faire vos choix de vie -ou de mort- là il ne s’agit même plus de santé), quand le praticien en face de vous se garde bien de vous transmettre les éléments de votre dossier médical (pourtant possession du malade si je ne m’abuse) ,et ne nomme même pas le diagnostic (il a jugé pour vous, à votre place, que vous ne résisteriez pas à son annonce) afin de conserver tout pouvoir sur vous, et de décider à votre place en vertu du sacro-saint « protocole » quand votre vie ne vaudra plus la peine d’être vécue, ou de la conduite à tenir s’il faut choisir un traitement
        Comment être décisionnaire quand même les directives anticipées sont bafouées parce que maintenir en vie un patient trachéotomisé sous respirateur a un « coût sociétal trop élevé » et que l’on vous refuse ces dispositifs qui vous maintiendraient en vie malgré vos choix pourtant clairement énoncés (une petite dose de morphine en fin de vie pour accélérer le processus de fin de vie, ça, ça coûte moins cher !)?
        et que dire du « spécialiste » qui pendant 4 ans refuse de vous donner un diagnostic qu’il connaît pourtant , pour de son propre aveu, je cite encore, vous empêcher de rejoindre des associations de parents? j’appelle cela de la manipulation, ni plus ni moins.
        Ces pratiques sont légion, ôtent toute responsabilité au malade, sa santé ne lui appartient pas. Le patient ne pèse rien face à la santé publique, ses enjeux administratifs et financiers. Notre système de santé est dictatorial.
        Etes-vous vraiment sûr de pouvoir affirmer, en l’état actuel des connaissances de la médecine et de son impuissance face à d’innombrables pathologies, que le patient puisse être responsable de sa santé? pour être responsable de sa santé, il faudrait être sûr des préconisations en termes de prévention, quelles sont par exemple les choses à faire ou ne pas faire pour ne pas déclarer une SLA (que ce soit la forme génétique ou sporadique)?
        Je vous suis reconnaissante de votre débat d’idées sur notre système de santé actuel kafkaïen et agonisant, mais évitez donc les formules lapidaires! face à la maladie, nous ne sommes pas maîtres, quelle désinvolture de penser ainsi! Avez-vous déjà été vraiment malade? et que penser de l’environnement dans lequel on vit? choisit-on l’air que l’on respire?

        • Je comprends que ma conception de la maladie vous révolte, car l’un des vôtres est frappé par une terrible maladie qui ne dépend évidemment pas de lui et qui témoigne de la scandaleuse injustice du vivant qui frappe les unes et épargne les autres quoiqu’ils fassent. Le concept de patient artisan de sa santé ne peut être généralisé. Bien des maladies vous tombent dessus sans qu’on puisse rien faire pour les prévenir. Ma conception n’a de sens que si on la rapporte au poids que représentent dans notre société les maladies chroniques. Ce sont elles qui sont responsables de la majorité des décès.
          L’autre question que vous soulevez est celle de la relation médecin-patient encore bien trop sous le signe de la domination par le pouvoir médical. Or justement dans l’idée du patient responsable de sa santé, il y a aussi et peut-être avant tout l’idée d’un patient qui n’accepte plus la domination du médecin et qui soit comme vous le souhaitez maître des décisions et non pas maintenu constamment dans un état d’infériorité.

          • Monsieur Vercoustre,
            Responsabiliser le patient ?
            Mais il me semble que la prévention, l’information de santé publique (télé etc), campagnes anti tabac, anti gras, anti sel, anti sucre, les grosses sommes (trop grosses) investies dans les centres de rééducation, cures thermales ou amaigrissantes, et depuis de nombreuses années maintenant l’éducation thérapeutique, représentent des actions importantes et coûteuses pour responsabiliser les patients.
            Ne trouvez vous pas ?

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