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Quand “vaccination” devient un mot-valeur

Le terme “vaccination” est souvent utilisé comme une évidence. Mais recouvre-t-il une réalité homogène ? Une réflexion sur les effets du langage en santé publique.

La vaccination fait figure de grande dame dans notre arsenal thérapeutique.  Grande dame nimbée d’une aura sacrée. Est-ce Pasteur qui lui a conféré cette dimension sacrée ? Rappelons l’une des scènes les plus emblématiques de sa gloire. L’expérience se déroula à la ferme de Pouilly le Fort près de Melun. On avait réuni dans le même enclos des animaux vaccinés contre le bacille du charbon et d’autres non vaccinés qui devaient servir de témoin. Tous reçurent une dose du bacille du charbon. Cette dose administrée à n’importe quel animal provoque irrémédiablement sa mort en 48 heures. Le lendemain de l’expérience Pasteur reçut une lettre qu’il lut en silence. Tous les animaux vaccinés étaient vivants  et bien portants, tous les animaux non vaccinés étaient morts ou bien agonisants. Pasteur se rendit à Pouilly le Fort où une foule de journalistes, de médecins, de politiciens  venus de toute l’Europe l’attendait. Le succès de l’expérience était totale et le triomphe de Pasteur dépassait les frontières. Cette scène fondatrice qui tenait du miracle a laissé une empreinte profonde : elle a installé la vaccination dans le registre du sacré.

Je découvre que j’écris cet article au moment même où se déroule la semaine mondiale de la vaccination. [1]Voici comment notre ARS chargée d’animer cette semaine présente la vaccination : « La vaccination est l’une des plus belles découvertes médicales. C’est une chance de pouvoir en bénéficier ».On constate une certaine exaltation dans ce discours de santé publique. Le mot vaccination n’est plus identifié comme un moyen mais comme une fin, une fin toujours bienfaisante. Ces formules enthousiastes qui visent à promouvoir l’adhésion à la vaccination ne sont pas neutres. Elles présentent la vaccination d’un point de vue qui n’est pas scientifique car elles supposent une homogénéité de toutes les formes de vaccination. Or il existe de nombreuses modalités de vaccination. Selon le type d’immunité qu’elle sollicite, humorale ou cellulaire, selon l’importance de la maladie qu’elle combat, pandémie ou grippe saisonnière, selon l’agent infectieux virus ou bactérie, selon sa capacité à s’opposer à la transmission de l’agent infectieux. Cette diversité est constitutive du champ vaccinal. Elle en est même l’une des caractéristiques majeures.

Qu’est-il arrivé au mot vaccination ? Dans le discours de santé publique le mot vaccination tend à fonctionner comme porteur d’une valeur positive implicite .Il ne se présente pas seulement comme un terme médical, mais comme un mot-valeur. Mot valeur qui agrège des réalités complexes sous un  absolu . Mot-valeur qui en définitive compromet l’objectivité dans l’évaluation scientifique des vaccins.

Dans une perspective épistémologique cette question renvoie aux conditions mêmes du raisonnement scientifique. Comme l’a montré le philosophe des sciences Karl Popper, une proposition scientifique se définit notamment par sa capacité à être discutée, testée et éventuellement réfutée. Cette exigence suppose que les objets de la science restent clairement identifiables. Or le mot vaccination raisonne aujourd’hui comme un absolu indiscutable.

Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause la vaccination en tant que telle, ses bénéfices sont bien établis dans de nombreuses situations. Il s’agit plutôt de rappeler qu’entre les pratiques scientifiques et les mots qui les désignent peut s’introduire un écart. C’est dans cet écart que se joue, en partie, la qualité du débat. Reconnaître la diversité des situations vaccinales, c’est se donner les moyens d’un raisonnement plus précis, plus ajusté, et finalement plus fidèle à l’esprit même de la médecine.

 

Laurent Vercoustre

3 Commentaires

  1. Très bien vu, cher confrère. On peut discuter (en fait on le doit) de l’usage de tel ou tel médicament, mais pour les vaccins c’est interdit depuis longtemps. Treize vaccins obligatoires pour les enfants et on ne proteste pas. A ce rythme là pourquoi pas 15, 25 ou 30? L’épisode du Covid 19 a renforcé cette interdiction : « Vous ne voulez pas vous faire vacciner? Vous êtes un assassin pour les autres, vous devez être punis ». Les récalcitrants en ont pris plein la figure, et c’est peu dire. C’est parfaitement anormal. La vraies questions sont : à qui profite cette élévation au statut de dogme indiscutable de la vaccination et quel en est le but? Les réponses arrivent, petit à petit. Silence radio en France. Pas aux USA, pas en Allemagne.

  2. Très bel article Docteur comme d’habitude, j’ajoute que je suis un vaccino_prudent car tous les vaccins ne se valent pas et certains (suivez mon regard…) ont des conséquences terribles que certains n’osent pas aborder conf; Ce post pris un au autre Blog : »1. Une première étude révèle que les « vaccins » contre la COVID-19 augmentent le risque de développer plusieurs types de cancer :
    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12381369/

    2. Une deuxième étude révèle que les « vaccins » contre la COVID-19 augmentent le risque de plusieurs cancers :https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12465339/

    3. Les données du CDC montrent plus de 138 000 décès supplémentaires dus au cancer aux États-Unis depuis le début de la vaccination de masse à l’ARNm :
    https://theethicalskeptic.com/2026/03/13/the-state-of-things-pandemic/

    4. Une revue systématique recense plus de 300 cas de cancer accéléré liés au vaccin contre la COVID, validés par des pairs, dans 27 pays :
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41498242/
    Comme toujours ces informations passeront sous les radars des médecins de plateaux ainsi que de la campagne de la semaine mondiale de la vaccination. … Et ça c’est grave à mon sens.

  3. Je suis en admiration devant la diplomatie avec laquelle Dr Vercoustre aborder plusieurs vrais problèmes :
    1 l’absence de débat possible dès qu’on touche aux croyances nécessaires à la cohésion du groupe. « La vaccination, ça ne se discute pas », annonçait la ministre de la Santé, Marisol Touraine, le 29 mai 2015.
    2. Donner de l’espoir est plus important que de baser la médecine sur des preuves. D’où l’explosion actuelle de soins non conventionnels de bien-être.
    3. Les idéologies se développent en sélectionnant certains faits et en oubliant certains autres. Ancel Keys a choisi 7 pays où le cholestérol montait avec les infarctus mais a oublié ceux où ce n’était pas le cas. Le vaccin contre la variole existait depuis presque 200 annees mais c’est l’isolement strict des malades à partir de 1967 qui a permis l’éradication de la variole en moins de 10 années.
    Merci Dr Vercoustre, cela fait chaud au coeur de savoir qu’il existe des gens comme vous.

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