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Macron et le déclin politique français

La victoire de Macron avait été favorisée par une certaine lassitude, voire une franche aversion d’une partie de l’opinion à l’égard de notre classe politique. L’épisode Fillon avait cristallisé ce rejet et précipité les français dans ses bras.

Macron devait mettre en place une nouvelle génération de politique au-dessus de tout soupçon et choisir dans la société civile des personnalités de haut niveau.

Durant la campagne présidentielle, il avait créé à travers tout le territoire des groupes de réflexion. Ainsi les marcheurs de la première heure étaient invités à un débat démocratique, et leurs propositions devaient inspirer la politique du gouvernement à venir.

On connait la suite… « Seules les pensées qui viennent en marchant valent quelque chose » disait Nietzsche. Malheureusement, ces pensées ne sont pas venues à nos marcheurs et à leur guide. Qu’a-t-on vu ?

 – Un président qui s’est contenté de dérouler la doxa libérale et de jouer sur tous les théâtres du monde un rôle convenu à travers de beaux discours sans surprise. Il a plaidé pour l’Europe, l’écologie. Il n’est pas question de lui reprocher ces prises de position, ni son libéralisme, mais de déplorer son manque d’envergure politique. De Gaulle avait avec Adenauer jeté les bases de l’Europe, mais il conservait une vision distanciée et réaliste de la construction européenne. On se souvient de la fameuse conférence de presse sur ce sujet : « Alors, il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités, bien entendu on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe, l’Europe, l’Europe, mais ça n’aboutit à rien, il faut prendre les choses comme sont, alors voyons comment sont les choses… ». Plus loin dans sa conférence de presse de Gaulle annonce sa ferme résolution de s’opposer à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le marché commun. Vision prophétique quand on pense au Brexit. C’était de Gaulle… Déjà, le discours sur la santé de Macron, prononcé à Nevers pendant la campagne, laissait craindre un inquiétant déficit de pensée ; les mesures phares promises étaient la vente à l’unité des médicaments et le service civil obligatoire pour les étudiants en médecine…

– Un personnel politique d’une rare médiocrité. L’interview de Muriel Pénicaud, incapable d’aligner deux mots sur BFM TV a fait le miel des humoristes. Où sont passés les personnalités politiques de la stature de Simone Weil, Robert Badinter, Michel Rocard …

Enfin Macron s’est coupé de l’opinion en lançant des petites phrases catastrophiques. « Ces gens qui ne sont rien » étant la plus terrifiante dans la bouche d’un président, car elle enfreint aux principes mêmes d’égalité et de fraternité de la République

Dans son livre Ce pays qui aime les idées, Histoire d’une passion française, l’anglais Sudhir Hazareesingh cherche à comprendre le déclin français[1]. Pour lui la grande tradition intellectuelle française, de Voltaire et Rousseau à Sartre et Foucault, reposait sur un socle littéraire et philosophique, et sur la puissance de l’École normale supérieure. On est désormais passé du lettré philosophe au technocrate. Sans doute parce qu’une société très moderne est persuadée qu’elle n’a plus besoin de maître à penser. Les intellectuels ne s’investissent plus autant dans le débat politique et les politiques n’en sont d’ailleurs plus demandeurs.

On attendait de Macron une renaissance de la politique. Aujourd’hui les cris des gilets jaunes sonnent comme une immense déception. En quelques semaines, la protestation contre les taxes sur les carburants s’est transformée en une mise en cause de la Ve République et de son personnel politique.

Certes nous ne sommes pas les seuls à subir la médiocrité de nos politiques et les américains ont avec Trump sans doute beaucoup plus à se plaindre que nous. Dans de nombreux pays européens surgissent des leaders populistes. D’aucuns voient dans Macron notre seul rempart contre un repli populiste. Le retour sur la scène médiatique de l’affaire Benalla pourrait au contraire nous y précipiter en transformant ce quinquennat en vaudeville.

C’est dans les périodes de crises qu’un politique acquière sa stature d’homme d’Etat. Sarkozy et Hollande l’avait chacun acquise à leur manière, le premier à l’occasion de la crise des subprimes de 2008, le second à l’occasion des attentats de Charly Hebdo. Et même si leur quinquennat peut être contesté sur bien des points, ils avaient dans ces circonstances légitimé leur destin national. C’est cette capacité à gérer la crise qui manque aujourd’hui cruellement à Emmanuel Macron. Ni dans son allocation, du 10 décembre, ni dans ses voeux, il n’a montré qu’il avait mesuré l’ampleur de la crise. Car c’est bien une crise de régime qui a commencé avec les gilets jaunes. Bref il manque à Macron ce quelque chose qui fait d’un homme politique un homme d’État.


[1] S. Hazareesingh, Ce pays qui aime les idées, Histoire d’une passion française. Flammarion, Paris, 2015.

Laurent Vercoustre

29 Commentaires

  1. Vous terminez votre analyse par : » Bref il manque à Macron ce quelque chose qui fait d’un homme politique un homme d’État. »
    Je vais vous dire ce que je pense depuis des années au sujet de ces hommes politiques , extrait d’un article de Charles CAVE :
     » Commençons par une petite remarque anecdotique.
    Pour la première fois dans l’histoire la quasi-totalité des dirigeants européens n’ont pas d’enfants.
    Madame Merkel, madame May, monsieur Macron, les premiers ministres Italien, Suédois, Néerlandais, Luxembourgeois, Irlandais aucun n’a d’enfants. Seuls le Belge, qui vient de remplacer le précédent premier ministre Belge (sans enfant) et l’Espagnol en ont deux chacun…
    Ma première remarque est que je ne peux pas m’empêcher de penser que celui qui n’a pas d’enfant n’a pas la même notion du futur que celui qui en a eu. Pour celui qui n’a pas d’enfants, le futur s’arrête sans doute à la prochaine élection ou à sa mort. Après moi, le déluge…’
    Ce qui fait que ces dirigeants aux plus hautes responsabilités n’ont pas d’ empathie , pas d’avenir, juste une très forte ambition pour satisfaire leur ego et leur soif de pouvoir et se remplir les poches aux frais du contribuable.
    Triste époque… La seule chose qui me console, c’est qu’on n’a jamais vu un coffre fort suivre un corbillard.

  2. Merci pour ce commentaire , et surtout pour votre réaction aux « gens qui ne sont rien », déclaration qui m’avait pris aux tripes et inspiré les mêmes réflexions que vous ( en beaucoup moins poli….) Malheureusement la suite n’a fait que confirmer cette absence d’empathie et d’intelligence émotionnelle au plus haut niveau, sans parler de la statégie de communication lamentable que révélaient ces quelques mots.

  3. Je suis d’ accord avec votre analyse sauf sur deux points :
    -Quand vous dites que les Américains sont plus à plaindre que nous avec Trump.

    – Quand vous passez sous silence le phénomène migratoire qui est en train de devenir le problème n° 1 de notre société.

    • Vous avez tout à fait raison d’évoquer le problème du phénomène migratoire, mais cela mériterait un billet qui soit entièrement consacré à cette question. Quant à Trump vous avez sans doute raison, au moins il ne cache pas son jeu, il a la courage d’exhiber sa vulgarité, tandis que Macron avec ses airs de gendre idéal, sa bonne volonté apparente est finalement plus dangereux !

  4. MACRON FAIT CE QU’IL PEUT. MAIS IL EST DANS L’ERREUR LORSQU’IL S’ARROGE LE DROIT DE TRAITER SEUL DES PROBLEMES DE SOCIETE COMME L ‘ACCUEIL DES MIGRANTS ECONOMIQUES , ET LES MODIFICATIONS QU’IL ENVISAGE DE LA LOI DE 1905.

  5. Bonne analyse mais je dirais que Macron n’est pas un homme politique. Et c’est un gros problème. Nous avons là un technocrate aux ordres de Bruxelles qui applique le programme de l’UE. Sommes nous d’accord? Rien n’est moins sûr. La France et les Français ne sont rien pour lui, il l’a dit. Il nous faut retrouver de vrais hommes politiques, c’est à dire qui sont au service de leurs concitoyens et qui cherchent à améliorer leurs conditions de vie. Pour l’heure nous n’en voyons pas un seul. Ceci est bien antérieur à Macron, mais là, avec lui, cela se voit comme le nez au milieu de la figure.

  6. OK pour votre analyse j’ajouterais que etre gouverné par des non élus technocrates non politiques donnent encore plus de pouvoir aux multinationales lobbies ..
    il faut exiger que les gouvernants fassent tous le parcours électoral qui les mettent au contact du peuple…

  7. Macron, la pensée politique, le « gilet-jaunisme », la France même ne sont que des symptômes loco-régionaux d’une maladie civilisationnelle majeure.
    Savoir la percevoir, savoir la nommer pour en palper le diagnostic étiologique sans lequel aucun remède n’a de sens.
    Je chausse mes lunettes systémiques.
    Nous assistons depuis des siècles au laminage constant de la notion de libre-arbitre. Oui, c’est une croyance, le fait que chaque humain a le pouvoir d’influencer ce que sera la réalité de demain. Mais s’en est une aussi peu scientifique que de croire au déterminisme matérialiste devenu le dogme universel.
    La question est difficile, je tente de l’éclairer depuis des années par les coups de sonde exmédiens ( http://www.exmed.org ). Le déclin imparable est celui de la foi en des choses comme la main invisible des marchés, ou le dieu hasard dans les sciences.

  8. Le commentaire est effectivement excellent, mais, à mon sens, manque l’essentiel, à savoir l’archaïsme gaullo-napoléonien de nos institutions qui, quel que soit le titulaire de la charge, condamne le président à tenir le rôle de monarque sans contre-pouvoirs, rôle qu’évidemment aucun être humain normalement constitué ne peut tenir. longtemps… Notre pays ignore les fondements essentiels de la démocratie, c’est-à-dire la distinction des pouvoirs : l’exécutif, distingué purement formellement du législatif au niveau national (Sénat et Assemblée Nationale ne servent strictement à rien) et carrément confondu avec lui aux niveaux régionaux, départementaux et municipaux (où présidents régionaux, départementaux et maires votent pour leur propre politique, comme si le premier ministre était également président de l’assemblée nationale, et restent soumis aux pouvoirs des préfets – survivance archaïque napoléonienne qui n’existe dans aucun autre pays démocratique), avec, en prime, un système de représentation parlementaire qui transforme le député en assistante sociale de sa circonscription. Quant au pouvoir judiciaire, sa clé de voûte en demeure l’institution du procureur de la république, qui, au regard de la législation européenne, n’est pas un magistrat mais un fonctionnaire aux ordres. Et le projet de réforme de la justice en cours poursuit ce déshabillage des magistrats, en donnant la quasi-totalité des pouvoirs (de police…) aux procureurs.
    En réalité, l’affaire a été pliée historiquement dès que, après avoir dénoncé le « coup d’État permanent », François Mitterrand s’est coulé dans l’uniforme gaulliste. La gauche a disparu à ce moment-là. Et pour les amateurs de philosophie :
    « On peut se demander ce qu’il doit se passer si le pouvoir exécutif qui détient la force de l’État s’en sert pour empêcher le corps législatif de s’assembler et d’agir, lorsque la constitution originale ou la nécessité publique l’exige. Faire usage de la force contre le peuple, sans y être autorisé et contrairement à la mission qui lui a été confiée, c’est se mettre en état de guerre avec le peuple, et ce dernier a alors le droit de rétablir le corps législatif dans l’exercice de son pouvoir. Puisqu’il a institué le corps législatif dans l’intention de le voir exercer le pouvoir de faire des lois, à des périodes déterminées ou lorsqu’il en est besoin, il s’ensuit que si ce corps législatif se trouve empêché, par la force, de remplir une fonction tellement nécessaire à la société et dont dépendent la sécurité et la sauvegarde du peuple, ce dernier, alors, a le droit d’utiliser la force pour régler l’affaire. En toute espèce d’états et de conditions, le vrai remède à la force sans droit, c’est de lui opposer la force. Car l’usage de la force sans droit met toujours celui qui l’emploie ainsi en état de guerre, au titre d’agresseur, et l’expose à être traité en conséquence. »
    John Locke (1632-1704)

    • Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse gaulo-napoléonien de nos institutions. Mais je m’astreins dans mes billets à respecter une certaine unité, ici il s’agissait de pointer le déclin des hommes politiques. Merci d’avoir complété mon analyse, le point de vue que vous abordez est en effet très pertinent pour expliquer la situation actuelle.Je dis tout de même à la fin de mon billet qu’il s’agit d’une crise de régime, autrement dit d’une crise des institutions, dont Macron n’a pas conscience…

  9. Détail de l’histoire, la fable « l’Europe et le Cabri », ne vient pas, je crois, d’une conférence de presse mais des entretiens avec Michel Droit lors de la campagne présidentielle de 1965. A vérifier quand même… Pour le reste, peu de retouches à faire à votre – peu encourageante – analyse!

    • C’est bien à l’occasion d’une conférence de presse que De Gaulle a prononcé la phrase que j’ai citée, vous pouvez la retrouver sur le net.Merci pour votre réaction.

  10. Pourquoi Macron est il si peu soutenu? L’absence d’alternative indique bien qu’il ne doit pas être si mauvais. Sous la pression, il semble avoir accepté le principe de la comptabilisation des votes blancs. En voilà une bonne idée! Notre prochain Président sera donc virtuel… En tout cas, j’ai envoyé à notre président actuel un mail de soutien. Voici la réponse:
    LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
    Monsieur,
    Paris, le 28 décembre 2018
    Nous venons de vivre plusieurs semaines difficiles: un mouvement de colère a secoué notre pays. Vous m’avez écrit pour m’exprimer votre soutien et je souhaitais vous en remercier personnellement.
    Ces événements ont été déclenchés par les revendications de concitoyens qui n’arrivent plus à s’en sortir. Cette colère est légitime. Je l’entends et la comprends.
    Mais les violences qui ont accompagné ce mouvement sont inadmissibles. Aucune colère ne justifie qu’on menace la sécurité d’autrui. Aucune revendication ne vaut qu’on s’en prenne aux forces de l’ordre qui protègent les citoyens. A partir du moment où ceux qui ne pensaient pas comme eux n’avaient pas le droit de s’exprimer, la liberté et la démocratie ont été mises en danger. Cela, je ne peux l’accepter. Le calme et l’ordre ont été rétablis pour que le dialogue se noue.
    La réalité, c’est que nous devons mener de front trois grandes transformations. D’abord, le redressement économique de notre pays, afin que le travail paie mieux – car il n’y a rien de plus insupportable à mes yeux que la situation de celles et ceux qui, alors qu’ils travaillent, n’en tirent pas un revenu suffisamment important pour vivre dignement. Ensuite, la réconciliation sociale entre les Français qui ont à juste titre le sentiment de subir leur vie et ceux qui donnent l’impression que tout leur réussit. Et enfin, la transition écologique sans laquelle notre avenir collectif est en péril.
    Les tensions de ces dernières semaines ont conduit à une forme de blocage du pays, ce qui est tout l’inverse de ce pour quoi je me suis engagé en politique: aucune taxe ne mérite que la Nation se déchire. Le gouvernement a donc annoncé l’annulation de l’augmentation de la taxe sur le carburant, et qu’il n’y aura pas de hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, qui devaient initialement augmenter début janvier, pendant la durée du débat que mènera le gouvernement.
    Au-delà des taxes, je sais que les changements opérés depuis 18 mois ne sont pas encore perceptibles dans votre quotidien. J’ai donc décidé d’accélérer en décrétant un état d’urgence économique et social :
    • Annulation en 2019 de la hausse de la CSG subie cette année par les retraités entre 1200 et 2000 euros par mois ;
    • En 2019, les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges ;
    • Les employeurs pourront verser une prime de fin d’année qui n’aura à acquitter ni impôt ni charge ;
    • Le revenu d’un travailleur vivant du SMIC augmentera au total de 100 euros par mois, sans qu’il en coûte un euro de plus à l’employeur, et cela dès 2019.
    Ces transformations rapides et concrètes n’auront lieu qu’avec vous. Un grand débat national va être lancé partout en France. Je souhaite qu’il soit le plus utile possible, et je vous invite d’ailleurs à y participer. J’en préciserai les termes et le cadre début janvier. Car ce qu’il s’est passé ces dernières semaines ne change rien aux défis que nous devons relever collectivement, et aux trois transformations économique, sociale et écologique dont je vous parlais.
    Je vous remercie encore pour votre soutien précieux en cette période. Il est de la responsabilité de tous de transformer les colères en solutions pour chacun. Je compte sur vous.
    Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.
    Emmanuel MACRON

    • C’est la lettre type qu’il envoie avec condescendance à tous ceux qui lui écrivent………..

  11. C’est un peu facile de critiquer les élus quand ça ne va pas.
    Pour ma part, je pense qu’on a les gouvernants qu’on mérite, que ce soit aux USA ,en Allemagne, au Danemark, en Suisse où en France.
    Donc parlons de la France et des français. Quelles sont les problèmes, quel est le projet?En principe, c’est lors des élections qu’on fait ces choix et qu’on élit son chef et son projet ?

    • @DS. Vous êtes un élu de La République Emmanuel Macron ou quoi ?
      C’est tout ce que vous avez trouvé ? De la Propagande mielleuse ?
      Je cite :  » Aucune revendication ne vaut qu’on s’en prenne aux forces de l’ordre qui protègent les citoyens. A partir du moment où ceux qui ne pensaient pas comme eux n’avaient pas le droit de s’exprimer, la liberté et la démocratie ont été mises en danger. Cela, je ne peux l’accepter.  »
      Vous les avez vu protéger les citoyens ? Vous ne devez pas bien regarder les vidéos qui passent sur Facebook, faut pas vous contenter des médias « officiels » pour avoir une idée objective…

    • @DS. Au fait, quand on est élu il faut en accepter les conséquences, les critiques, voire les injures parfois. Notre histoire républicaine et parlementaire a été émaillée « d’empoignades » verbales er d’échanges vifs durant lesquels les « noms d’oiseaux » volaient bas. Aucun élu, à ma connaissance n’en est mort.
      J’ajoute que  » le crime de lèse majesté » n’existe plus et a été aboli à la Révolution; Alors âmes sensibles passez votre chemin … marchant !

  12. Aucune stature présidentielle, comme vous le soulignez.Ce jeune homme est transparent .

  13. Vous aimez la philosophie ?
    Et si toute cette affaire dont vous décrivez bien l’apparence actuelle avait débuté par une querelle philosophique majeure ? Celle entre Descartes et Spinozza. Descartes nous a mis le nez dans le mur et la carte Spinozza indiment plus subtile n’a jamais été jouée.
    Oui la seule vraie question est l’explosion sur la réalité MONDIALE du rationnalisme matérialiste, le père de l’ultralibéralisme comme du marxisme. L’idée semble avoir du mal à passer.

    • Je voyais pas les choses comme ça mais cette mise en perspective philosophique est très intéressante, vous avez raison de dire que Spinoza est infiniment supérieur à Descartes.Et Spinoza ne s’est pas privé de tourner en dérision Descartes quand il voyait dans la glande pinéale le point de jonction entre le corps et l’âme.

      • Ce que vous ne voyez pas, ce que nous ne voyons pas tous clairement, c’est ce que disent les porteurs de gilets jaunes réels ou virtuels, en France surtout, mais partout dans le monde aussi.
        Nous ne voulons plus accepter les conséquences sur notre vie de notre vision mondialisée de la réalité. Tous les pays, toutes les grandes multinationales en tête, partagent la même vision philosophique. Le déterminisme matérialiste : il n’est d’autre réalité que dans la matière régie par les seules lois de la physique. Nous savons que notre mort est au bout, et dans pas longtemps. Nos dirigeants capitalistes, libéraux, communistes, nationalistes sont les produits de cette vision cartésienne (on y revient) de la réalité.
        Impasse définitive ? Non, si on a le courage de revenir à … Spinozza et ses continuateurs. Spinozza et sa mystérieuse  » connaissance du troisième type », ça vaut la peine de creuser l’enquête. Cela ne peut venir ni des gilets jaunes ni de quelque parti ou institution que ce soit. Affaire à suivre…

  14. Démonstration incontestable de notre déclin. Certains diront que c’est pire en Corée du Nord, judicieuse analyse. D’autres que le Danemark ou la Finlande nous donnent des leçons de démocratie. Nous pourrions nous en inspirer. Mais nous préférons continuer à croire que nous avons les meilleurs stratèges pour nous gouverner, de préférence énarques. Fuyez, fuyez, mesdames et messieurs les conseillers du Président, vous avez raison. Le bateau coule.

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