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Coronavirus, alerte mondiale

L’état d’alerte est mondial depuis le 31 décembre 2019. Ce jour-là l’OMS était informée par les autorités chinoises d’un épisode de cas groupés de pneumonies dont tous les cas avaient un lien avec un marché d’animaux vivants dans la ville de Wuhan, en Chine, le Huanan South China Seafood Market. Sur ce marché étaient dépecés, dans des conditions d’hygiène déplorables, des animaux vivants comme des scorpions, des paons, des louveteaux et surtout des civettes. Or c’est ce petit mammifère qui aurait transmis le virus du Sras (Syndrome respiratoire, aigu, sévère) en 2002. Le 09/01/2020, un nouveau coronavirus (2019-nCoV) a été identifié comme étant la cause de cet épisode. Parmi les 41 premiers cas détectés à Wuhan, la plupart travaillent dans le Huanan South China Seafood Market. On est donc confronté à une épidémie qui ressemble à celle du Sras, épidémie qui avait causé la mort de 774 personnes en huit mois.

Le 22 janvier la situation était la suivante : 448 cas confirmés d’infections par le 2019-nCoV, 9 décès à Wuhan, 12 provinces de Chine continentale ainsi que Taiwan et Macao déclarent des cas. 4 autres pays ont confirmé un ou plusieurs cas importés : Thailande, Japon, République de Corée, Etats-Unis. Le 23 janvier d’autres sources annoncent un mort en Chine hors du foyer de l’épidémie. Les autorités chinoises font état de 571 cas confirmé par séquençage génétique et de 18 morts au total.

Les festivités du Nouvel An chinois ont été annulées dans la capitale chinoise en raison de l’épidémie virale. Par ailleurs deux métropoles chinoises sont en quarantaine. La ville de Huanggang a suspendu jeudi la circulation des bus et des trains. Les autorités ont également ordonné la fermeture des cinémas et des cybercafés et demandent aux citoyens de ne pas quitter la ville. Huanggang est proche de Wuhan, métropole également mise en quarantaine et présentée comme le foyer de l’épidémie, dont aucun train ni avion ne peut sortir.

Les symptômes décrits évoquent principalement une infection respiratoire aiguë (fièvre, toux), mais des difficultés respiratoires et des anomalies pulmonaires détectables radiologiquement compatibles avec des infiltrats bilatéraux étendus sont également décrits, ainsi que des formes plus sévères.

La transmission interhumaine du 2019-nCoV est avérée, sur la base des informations disponibles attestant notamment de cas de transmission entre personnes d’une même famille, ou de patient à soignant. Toutefois les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’évaluer le degré de facilité avec laquelle le virus se transmet d’homme à homme. D’autre part, il est probable que la source d’infection demeure active. 

En France, éviter toute réaction de panique semble être le mot d’ordre. Néanmoins, la Direction générale de la santé informe que l’European Center for Diseases Control and Prevention a modifié son analyse de risque. « Le risque d’importation en France est désormais considéré comme modéré et le risque de diffusion de la maladie dans la population française est considéré très faible ». Un risque « modéré » qui n’a pas empêché l’université de Lille, de décider, en urgence, la fin de ses liens avec les facultés de Wuhan et les visites d’étudiants chinois prévues prochainement.

On constate avec cette alerte mondiale les effets positifs de la mondialisation tant décriée par ailleurs. On peut se féliciter de la réactivité des autorités sanitaires chinoises. Certes il reste encore bien des interrogations notamment sur la contagiosité du virus, mais l’identification de l’agent pathogène a été particulièrement rapide. L’humanité a accompli d’immenses progrès sanitaires. Rappelons les ravages causés par la peste noire au Moyen Âge. Elle avait tué 30 à 50 % des Européens en cinq ans soit 25 millions de personnes. Plus près de nous, la grippe espagnole au lendemain de la Première Guerre mondiale avait fait 50 millions de morts plus que le conflit lui-même ! Le virus venait encore de Chine et avait muté aux États-Unis. C’est à la suite de cette pandémie que la SDN ( Société des nations) avait créé le comité d’hygiène de la SDN, considéré comme l’ancêtre de l’OMS.

Laurent Vercoustre

3 Commentaires

  1. Merci Laurent,
    Tout est dit à propos de l’épidemiologie de cette affection virale
    Rien ou presque n’est dit du terrain des personnes décédées..Est-ce que la différence de morbidité et de mortalité entre les infections passées et actuelles n’est pas en grande partie liée au niveau de défense immunitaire moyen de la population. A mon avis ,si la grippe espagnole a fait autant de morts, c’est que son épidémie a eu lieu au décours de la guerre 14-18, periode à laquelle nos grands parents ou arrieres grands parents souffraient de stress, de malnutrition, etc….
    Je me réjouis avec toi des progrès de la médecine et de l’organisation sanitaire internationale, mais je pense que les progrès en matière de nutrition, d’éducation et de considération de la valeur de la vie, sont maintenant partagées par les 7/8eme de l’humanité !
    Amicalement
    Jacques LEMOINE , co-organisateur du COMB avec Laurent V en 2019

    Petit bandeau d’information:
    COMB 2020 « Du corps à corps au coeur à coeur » 28 et 29 03 2020 à Combloux 74. Renseignements combcombloux@gmail.com

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