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Le point sur le vaccin à ARN messager de Pfizer

Tandis que la pandémie repart de plus belle en Europe, la déferlante vaccinale gagne de nombreux pays excepté le nôtre qui peine à démarrer son plan de vaccination. Pour l’instant le vaccin de Pfizer est le seul administré en France. 

J’ai dans un précédent billet exploré l’argumentaire des opposants aux vaccins à ARN messager, dans celui-ci je reviens au vaccin de Pfizer tant l’affaire est d’importance. Des centaines de milliers individus étant embarqués dans l’aventure des vaccins à ARN messager. 

L’étude BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine de Pfizer a débuté le 27 juillet 2020 et l’analyse finale des résultats a été réalisée le 14 novembre 2020. L’essai est assez exemplaire et obéit aux règles de l’evidence based medicine : il comporte une randomisation, un double aveugle et un test contre placebo. Publiée dans le New England Journal of Medicine du 10 décembre 2020, l’étude est en accès libre[1].43 548 sujets sont enrôlés, 21720 reçoivent le vaccin, 21728 le placébo. Deux doses sont administrées dans chaque groupe à 3 semaines d’intervalle. Après élimination d’un certain nombre de sujets, il restera 18 556 participants dans le groupe vaccin et 18 530 dans le groupe placebo.

Efficacité

L’évaluation des résultats au bout de 2 mois a montré : 8 cas de Covid -19 dans le groupe vaccin et 162 dans le groupe placebo. Ce qui donne une efficacité à 95%. Sur 10 cas de formes sévères, 9 appartiennent au bras placebo et un au bras vaccin. La différence absolue entre les deux groupes est de 162-8=154 pour 18 556 vaccinés, ce qui permet de déduire qu’il faut vacciner 18 556/154 personnes soit 140 2 fois, ce qui donne 240 vaccinations pour éviter 1 cas de Covid-19. L’efficacité de ce vaccin est exceptionnelle en tout cas bien supérieure à celle du vaccin contre la grippe qui est de 60% chez les adultes en bonne santé âgés de 18 à 64 ans et qui diminue ensuite régulièrement avec l’âge. Ces résultats ne sont-ils pas trop beaux pour être vrais ?Avec une soixantaine de milliards de chiffre d’affaire annuel, Pfizer peut-il mériter la confiance des décideurs politiques? Il faut se rappeler que, depuis 2005, la société a été condamnée une quarantaine de fois pour des faits de corruption. En 2009 Pfizer a préféré plaider coupable dans une affaire de publicité mensongère et s’est acquitté, afin d’éviter tout jugement, d’une amende de 2,3 milliards de dollars.

Effets indésirables.

Huit chocs anaphylactiques post vaccinal ont été rapportés au cours de l’étude : 2 en Angleterre 6 aux États –Unis. Aujourd’hui avec plus de recul, on estime le risque de choc anaphylactique à 1/ 100 000, soit 10 plus que celui du vaccin contre la grippe. Le chiffre a été calculé par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui ont recensé 21 cas de chocs anaphylactiques sur un total de 1.893.360 injections du vaccin effectuées entre le 14 et le 23 décembre.

Par ailleurs, 4 paralysies faciales ont été observées dans le groupe vacciné contre zéro dans le groupe placebo. 

On trouve l’analyse détaillée des effets secondaires dans un rapport de la FDA (Food and Drug Administration[2]). On est surpris par la fréquence élevée de symptômes tels que fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires dans le groupe des vaccinés. Une température supérieure ou égale à 38° est observée dans 15,8 % des vaccinés (dans la tranche d’âge 18- 55ans) contre 0,5% des placebos. Chaque item est évalué en 3 niveau d’intensité : bénin, modéré, sévère. Le niveau sévère signifie que le symptôme empêche une activité normale. Dans le bras des vaccinés, on trouve un pourcentage de symptômes sévères entre 2 et 4 % alors qu’il est toujours inférieur à 1% dans le groupe placebo.  « Ces effets secondaires apparaissent généralement un ou deux jours après avoir reçu le vaccin. Ils ressemblent aux symptômes de la grippe […] mais ils disparaissent en l’espace de quelques jours », explique le Centre for disease control (CDC) américain.

De tout ce qu’on peut lire ou entendre dans les médias, on a le sentiment que l’importance de ces effets indésirables est sous-estimée. Revenons à mon nombre de sujets à vacciner pour éviter un cas de Covid-19, soit 140. Compte tenu de leur fréquence, on peut déduire qu’on observera 3 à 6 cas de réactions sévères au vaccin pour un cas de Covid-19 évité. Ce nombre n’est pas négligeable d’autant qu’il est le prix à payer pour éviter un cas de Covid-19 qui dans la tranche d’âge 18-55 ans a toutes les chances d’être une forme bénigne.  Autrement dit, dans le cadre de cette étude, il apparaît que la vaccination induit de 3 à 6 syndromes grippaux pour en éviter un !

Si l’efficacité du vaccin de Pfizer est incontestable, et en espérant qu’il tienne ses promesses dans « la vraie vie », on peut émettre des doutes sur sa tolérance. Et il reste de nombreuses interrogations en suspens :

– la durée de la protection conférée au sujet vacciné.

– l’efficacité de la protection chez les personnes âgées

– une éventuelle retranscription en ADN puis insertion dans le génome du receveur[3].

– la constance antigénique de la Spike-protéine dans l’ensemble des variants apparus à partir du Co-V2 initial pouvant rendre un vaccin immédiatement ou rapidement caduque.

–  l’efficacité du vaccin pour s’opposer à la transmission interhumaine du SARS-CoV-2.

–  l’apparition d’effets secondaires retardés.

– d’éventuels dérèglements auto-immunitaires comme il semble déjà s’en présenter spontanément avec le virus.

Il y a enfin en défaveur du vaccin de Pfizer l’exigence de conservation à moins 70° qui impose une logistique de conservation et de transport très coûteuse.

L’étude de Pfizer n’a pas été pensée pour évaluer l’efficacité de son vaccin pour prévenir les formes sévères chez les personnes âgées. Il y a seulement 4,3% de sujets de plus de 75 ans dans cette étude. C’est le principal reproche qu’on peut lui faire.


[1] https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2034577

[2] https://www.fda.gov/media/144337/download FDA

[3] Pour les virologues, cette éventualité est très peu probable, voire impossible.

Laurent Vercoustre

15 Commentaires

  1. La chasse au virus est une hérésie digne des civilisations judéo-chrétiennes européennes. Rassurons-nous, Il reste 647 souches avant d’arriver au chiffre de la Bête!
    Soignons-nous et apprenons à vivre avec.
    La bêtise est humaine, et c’est pathognomonique.

  2. alors médecin retraité de 80 ans et son épose du meme age allergique !
    Se faire vaccinés ?
    merci

  3. Voici pour enrichir le débat la réaction à mon billet de Michel de Lorgeril chercheur au CNRS, et auteur de 7 ouvrages sur les vaccins :
    « Désolé de vous contredire, cher ami, vous ne lisez pas correctement.
    Je ne vais pas tout reprendre mais au moins un ou deux points que vous n’auriez pas dû rater : point principal qui conditionne le reste, ce n’est pas un essai en double aveugle ! C’est écrit dans le titre « observer blind »…
    D’autre part, il n’y a pas d’hypothèse primaire clairement formulée, pas de calculs d’échantillons et de durée de suivi nécessaires pour tester l’hypothèse primaire.
    Et on comprend pourquoi : ils publient une analyse intermédiaire ! Et, selon eux, elle était prévue à l’avance… Bref, en toute bonne foi, cette bande de rigolos n’envisageaient pas autre chose qu’un miracle !
    Enfin dans ce contexte d’étude ouverte aux 4 vents, le fait que ce soit une étude commerciale la plombe définitivement !
    Si vous faites du commerciale (ce n’est pas interdit), vous devez être plus que strict sur les principes. Faute de quoi, vous n’êtes pas crédible. D’autres avant eux ont annoncé des miracles…
    Ceux qui pratiquent la médecine savent qu’il n’y a pas de miracle en médecine !
    Nous sommes donc face à une régression fascinante de la recherche médicale ! Retour aux années 1950 quand des investigateurs américains annonçaient des résultats miraculeux de leurs essais cliniques avec des vaccins contre la rougeole ou la coqueluche… Miracle que la réalité ne tardait pas à ridiculiser !
    Quand on ne respecte pas les règles fondamentales de la recherche clinique, on est ridiculisé… Plus ou moins vite, certes ! On peut aussi élever des barricades pour se protéger comme les vendeurs de statines procèdent… Tiens, Pfizer c’est le vaccin antiCOVID et c’est aussi les statines »

  4. Punaise ce n’est pas facile de décrypter les essais cliniques divers et variés, tant de paramètres étant à vérifier. Merci de vous y être attaqué en dehors de tout argument passionné. C’est très honnête aussi de votre part de reprendre le commentaire du Dr Michel de Lorgeril.
    Je suis étonné de votre présentation pour la grippe puisque pour la population cible principale (+ de 65 ans) il n’y a apparemment aucune efficacité ni utilité d’après le suivi paru en mars 2020 portant sur des millions d’évènements. C’est de loin l’info la plus importante je crois, même si l’inefficacité aussi dirait-on pour d’autres groupes de personnes (soignants,etc.). A mon sens se rendre compte maintenant des « trous dans la raquette » sur la connaissance de la mortalité réelle liée à la grippe ou des vaccins contre la grippe (efficacité et effets secondaires) peut faciliter la prise de distance par rapport aux infos fournies par les labo vendeurs de vaccinsCovid-19.
    En simple quidam intéressé et avec un angle d’approche différent du votre, cet historique récent me conduit à vouloir éviter tout vaccin contre la grippe comme tout vaccin contre la Covid-19. Je l’explique dans ce lien :
    https://www.revolutions-scientifiques-et-diabetes.com/blog/vaccins-grippe-et-covid-19-a-eviter.html
    Les liens que je cite me paraissent édifiants : par quelle drôle d’idée peut on continuer à vacciner quelqu’un contre la grippe actuellement ? par analogie, comment faire confiance aux vendeurs de vaccins anti covid-19 ?
    Pas de soucis si vous jugez que mon commentaire n’a pas sa place ici et ne le publiez pas.

  5. Bonsoir Docteur. Vous avez eu la réponse du Dr MdL toujours aussi « rigide » sur les études. Passons. Là où je ne suis pas d’accord avec votre « 3 » (Pour les virologues, cette éventualité est très peu probable, voire impossible.) Les virologues ? Demandez plutôt l’avis de généticiens…
    Je vais vous coller un mail que m’a envoyé quelqu’un de très pointu en matière ( je tairai son identité pour ne pas lui porter de torts) :
    « …c’est bien la même technologie à base d’ARN qui est utilisée pour les  » vaccins » mis sur le marché. Bon je suis pas prix Nobel mais quand une boîte allemande qui fait exclusivement de la technologie thérapie génique s’allie avec un industriel pharmaceutique pour faire un traitement covid c’est plus vendeur de dire venez prendre votre vaccin que venez prendre votrec coktail de thérapie génique… Mais pour ceux qui tombent pas de sommeil 
    https://www.heidi.news/sante/les-vaccins-a-arn-risquent-il-de-modifier-le-genome
    A lire pour comprendre que le risque d’interférences avec l’ADN certes très faible n’est pas théoriquement nul. Mais le plus rigolo dans ces vaccins ce sont les taux d’efficacité annoncés 94%. Et puis quand tu vas voir les rapports de validation des mise sur le marché tu vois que les tranches d’âge et donc les personnes les plus concernés les plus de 65 ans c’est 60 à 80% de réponse immunitaire inversement proportionnel à l’âge. Donc pas mieux que celui de la grippe classique … C’est Ballot quand tu sais que ce sont les petits vieux et les malades qui trépassent et que c’est à cause d’un emballement du système immunitaire.  »
    A retenir : « A lire pour comprendre que le risque d’interférences avec l’ADN certes très faible n’est pas théoriquement nul. » c’était une interrogation de ma part à la suite de ce lien ci :
    https://www.quartierlibre.tv/quartierlibre/emmanuelle-charpentier-prix-nobel-de-chimie-2020-affirme-que-la-r-n-a-pour-but-de-modifier-le-genome/?utm_source=Facebook&utm_medium=partners&utm_campaign=quartierlibre
    Pour moi, mais je ne suis que moi c’est dire un Béotien, je ne retiens que ceci : « Impossible n’est pas Français! » et dans les manipulations génétiques, je préfère l’analyse du Pr Montagnier :
    https://youtu.be/08CAfBz5qws
    Respectueusement.

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